Coupe du Monde u17 : Une Team USA encore trop forte
Il y a 4 jours
Tous les deux ans, en amont de la Coupe du Monde u17, la question se pose : une nation peut-elle battre Team USA ? Très vite, on s'aperçoit que non. L'édition 2026 n'a pas dérogé à la règle. Pas le groupe, les physiques, le jeu développé, il y a encore un monde d'écart avec les autres nations. Résultat : 58 victoires en autant de rencontres disputées pour Team USA.
Ce qui marque d'entrée, c'est que les joueurs sélectionnés sont d'une autre catégorie. On le voit, notamment, avec Joaquim Boumtje-Boumtje (2.11 m - 2009 - Duke). L'ancien du FC Barcelone dégage quelque chose qu'on n'a pas toujours l'habitude : une combinaison de puissance-mobilité-domination. Et tout ça s'est vu qu'importe l'adversité à laquelle il a fait face durant le tournoi. Il y a évidemment des points "faibles" mais dans cette catégorie d'âge, ça reste suffisant pour dominer.
Offensivement, l'Américo-Camerounais a tout simplement dominé dans les grandes largeurs. Joaquim Boumtje-Boumtje est capable d'apporter des points de partout. Il s'identifie comme un Big moderne en étant dominant sous le panier par ses prises de positions, sa capacité à terminer fort, à marquer qu'il soit seul ou contesté, à être une cible sur pick-and-roll. Dans cette zone du terrain, il sera important d'ajouter du jeu au poste, d'être plus complet dans la finition en ajoutant des moves, d'avoir un jeu de pied supérieur à ce qu'il est aujourd'hui. Aussi, de gagner un puissance pour encore dominer davantage ses duels. Les deux saisons sous la tunique de Duke pourraient lui être bénéfiques dans ce domaine.
En plus d'être bon sous le panier, il est tout aussi dominant loin du cercle. Le futur pensionnaire des Blue Devils a, à Istanbul, affiché une réussite folle à trois points en terminant le tournoi avec 53% sur près de cinq tentatives de moyenne (17/32). Ces paniers sont venus sur simple catch-and-shoot mais également sur hand-off et en pull-up. La panoplie est déjà très complète et pourrait s'améliorer avec le temps et le travail. En ajoutant par exemple des paniers sur pick-and-pop et après une prise d'écran en tant que porteur de balle.
Car Joaquim Boumtje-Boumtje n'est pas un grand comme les autres. Malgré ce gabarit, on est face à un joueur capable de tenir le ballon, d'aller chercher des points en attaquant le panier depuis le périmètre, de jouer les phases de pick avec le ballon entre les mains. Le potentiel offensif affiché est immense. En plus des points, il apporte aussi de la passe. L'ancien de Barcelone peut passer aussi bien depuis le périmètre, du poste, en short roll et aussi de l'autre bout du terrain. Durant le tournoi, il a régulièrement capté le rebond et envoyé une balle vers l'avant pour un coéquipier en contre-attaque. A l'image d'un Kevin Love époque Timberwolves.
Car oui, JBB s'affiche comme un bon rebondeur. Des deux côtés du terrain. La domination des duels lui apportera encore plus dans cet aspect mais face aux meilleurs joueurs de son âge il termine tout de même avec 11 rebonds de moyenne (dont près de trois rebonds offensifs de moyenne). Soit la meilleure marque de la Coupe du Monde u17.
Aussi fort qu'il soit en attaque, il affiche aussi un niveau très correct en défense. Le manque de puissance, comme évoqué plus haut, joue un peu contre lui dans la zone près du panier mais, il a rarement été embêté durant le tournoi. Il va également devoir apprendre à mieux utiliser ses bras (longueur, standing reach) pour être une protecteur de cercle intéressant. Aujourd'hui, il reste limité dans cet aspect car se contente de contrer. Il termine l'évènement avec deux contres de moyenne (dont 7 contres le Japon). Dans le top 5 du tournoi. En plus de ce rôle près du panier, il a montré par flashes qu'il peut être intéressant dans les phases de pick en étant capable de switcher. La réussite n'a pas toujours été là mais ça pourrait devenir un vrai plus dans le futur.
A ses côtés, il pouvait compter sur Beckham Black (1.88 m - 2009) pour l'accompagner dans l'ensemble de ces situations. L'arrière, frère d'Anthony joueur du Magic d'Orlando, s'est lui aussi montré positif et en pleine progression depuis le u16 AmeriCup de l'été 2025. Aux manette du jeu de Team USA, l'arrière s'est montré à son avantage dans plusieurs domaines du jeu.
Le premier : le scoring. Tout au long du tournoi, il a montré qu'il pouvait scorer d'un peu partout. Loin du panier, il affiche une polyvalence de tirs (en sortie de dribble, après écran, du catch-and-shoot) et de la réussite (39% sur quatre tentatives de moyenne). Mais il est aussi capable d'attaquer le cercle et terminer dans le trafic. Avec une vitesse balle en main et un handle intéressant, il parvient sans difficulté à s'ouvrir le chemin du panier. Il finit le tournoi avec 62% de réussite à deux points en montrant une alternance dans ses finitions. Et il existe une marque de progression importante. Il faudra cependant surveiller les choix dans le futur. A Istanbul, on a observé un joueur qui jouait solo et à contre courant.
Défensivement, l'attitude est présente tout comme les efforts dans les un contre un et possède une bonne latéralité ainsi qu'une bonne vitesse dans ses duels. Des situations dans lesquelles il prend de la place avec les appuis et sa longueur intimide pas mal et lui permet d'aller voler trois ballons par match en moyenne. Maintenant, sa taille peut être dans le futur devenir un problème car il ne pourra défendre que sur les postes arrières, voire uniquement les postes 1. Aussi, loin du ballon, la prise d'information n'est pas toujours au rendez-vous et la navigation dans les écrans n'est pas toujours optimale. Plusieurs choses à surveiller donc pour la suite.
Lui aussi sera à surveiller tant le profil est intriguant, aussi bien physique (fin et long) que dans le jeu : Clarence "CJ" Rosser Jr. (2.06 m - 2009). Déjà intriguant lors de l'AmeriCup en 2025, il a confirmé les bonnes choses observées lors de cette Coupe du Monde u17. Notamment en attaque où on est face à un joueur polyvalent et qui sait exister sans le ballon via son tir en spot-up et catch-and-shoot mais aussi par ses coupes dans l'axe ou ligne de fond. Cela lui permet d'être une cible sur le pick-and-roll, le pick-and-pop, d'être un lob catcher.
Le tir est bon, il termine le tournoi avec 36% de réussite sur cinq tentatives en moyenne, mais il doit travailler sa sélection. A Istanbul, il a eu tendance à prendre des tirs très rapides ou contestés sans que le jeu ne se développe. Un élément qu'il faudra gommer pour conserver des minutes. Toujours sur le tir, on a pu voir par flashes de la création pour lui. A surveiller donc. Balle en main, il est aussi capable d'attaquer le panier avec ou sans écran et utiliser sa longueur pour battre le vis-à-vis et terminer près du panier. A suivre également le côté connecteur vu par flashes.
Défensivement, on a pu observer un joueur potentiellement polyvalent capable de défendre des joueurs plus petits et plus grands que lui. Un joueur plus porté sur le un contre un que sur la protection de cercle pour le moment. Malgré sa taille, sa longueur et mobilité, il ne compte qu'un contre par match en moyenne.
Lui sa défense est l'un de ses points forts : Anthony "AJ" Williams Jr. (2.03 m - 2009). Un arrière déjà avancé physiquement mais au jeu encore très jeune. A ce niveau de compétition, son activité et son physique lui ont permis de défendre sur plusieurs positions sans difficulté. Il est mobile, prend de la place face à ses adversaires, à une bonne latéralité pour embêter pas mal de monde. Loin du ballon, ses placements et son activité du regard lui ont offert un avantage conséquent face à cette adversité. En stats, il termine avec une interception et un contre de moyenne.
En attaque, Anthony Williams Jr. a montré énormément d'activité et répondait à un rôle qui lui offrait la possibilité de tirer à longue distance, principalement sur du catch-and-shoot. Il quitte la Turquie avec 42% de réussite sur près de cinq tentatives par match. Il a aussi montré une belle activité sur le rebond, notamment en attaque avec deux prises en moyenne. Dans cet aspect du jeu, il sait bien se placer, possède un bon timing et va à la bataille avec les deux mains en l'air. On l'a vu attaquer le panier mais pour pleinement être efficace, il a encore besoin d'espace pour trouver le chemin du panier. Pour le moment, le handle est limité tout comme la vitesse et les choix.
Dans le même style, on retrouve Asa Montgomery (1.98 m - 2009). Dans un style et physique différent, il a lui aussi montré de belles choses. Principalement près du cercle où il est capable de finir très fort, il va à la bataille pour récupérer les rebonds et marquer en seconde chance. Des séquences où il monte haut, vite et avec les deux mains en l'air. Défensivement, il apporte de la certitude. Un garçon avec une bonne latéralité et capable de switcher sur les lignes arrières. Il est aussi intéressant sur les aides défensives. En attaque, son rôle était un plus limité et le manque de shooting (16% à trois points sur moins de deux tentatives) l'a pas mal desservie. Il est nettement plus à l'aise dans l'attaque du panier. Lors de ses drives, il sait bien utiliser son corps pour trouver le chemin du cercle et terminer efficacement (86% de réussite sur ses paniers à deux points).
Pour le reste, dans des rôles plus limités, les intérieurs Xavier Young (2.05 m - 2009) et Erick Dambier Jr. (2.08 m - 2009) ont montré de bonnes choses et donné de quoi les suivre sur les deux ou trois années (selon leur arrivée à l'université) à venir avant leur Draft. Le premier est un pivot undersize, joue proche du panier, apporte de la polyvalence en défense et un passing très intéressant. Le second a un peu près les mêmes caractéristiques avec le côté rebondeur en plus. Deux profiles à garder dans le coin de la tête.
Concernant, NaVorro Bowman Jr. (1.90 m - 2009), Mason Collins (1.98 m - 2009), Jordan Page (1.96 m - 2009), JJ Crawford Jr. (1.93 m - 2009) et Cayden Daughtry (1.78 m - 2009), tous ont été responsabilisés un moment ou un autre sur le tournoi mais, dans un contexte bien particulier que celui d'une Coupe du Monde u17, n'ont pas attiré l'oeil plus que cela. Néanmoins, tous ont un réel potentiel et ont une chance pour atterrir en NBA dans les années à venir.
17.4 ans - PG/SG