La fin aurait pu être bien différente pour cette équipe. Elle termine toutefois avec une médaille ainsi qu'avec une qualification pour la prochaine Coupe du Monde u19 qui se tiendra en République Tchèque au début de l'été 2027. Retour sur les performances d'une équipe bronzée.

Le premier nom n'étonnera personne. Leader de l’équipe, Hugo Yimga-Moukouri (2.03 m - 2008 - Nanterre 92) n’a pas refusé le rôle et a répondu présent tout au long de la compétition en étant le meilleur joueur des Bleus et le meilleur scoreur de l’équipe (17 points, 6 rebonds, une passe de moyenne).

Durant la compétition, on a observé un joueur montrer sa domination physique en utilisant son épaule pour se diriger au panier sur les drives et sur les situations de jeu au poste bas. Des phases où personne sur le tournoi n’a pu le stopper efficacement. Il a aussi été présent dans le rebond des deux côtés du terrain (Une prise offensive et 5 rebonds défensifs de moyenne). Dernier point positif : les fautes. Pendant tout l’événement, il a constamment provoqué des fautes et voyagé sur la ligne des lancers. Au final, il termine avec 6 lancers de moyenne par match.

Dans les éléments à suivre : le passing. Par flashes, il a su montrer du connecting sur des passes simples mais qu’il maîtrise. Selon les matches, on a même aperçu de la diversité dans son jeu de passe. Skill qui ajoute des points à son profil. Peu utilisé dans ces situations mais le joueur de Nanterre a également montré qu’il pouvait apporter des points sur des phases de coupes et étant finisseur sur le pick-and-roll. Une fois le shoot fiable, il pourra aussi apporter sur le pick-and-pop.

Mais pour le moment, il y a encore du travail à effectuer pour réellement être une menace au niveau du tir. Pour le moment, il est surtout fiable sur le catch-and-shoot. Pendant le tournoi, on l’a vu se créer son tir mais avec une réussite en dent de scie. Mais difficile de le voir réaliser ce genre d’actions au niveau supérieur car il n’a pas la vitesse d’exécution nécessaire pour battre les défenseurs. 

Dans les points négatifs, on a retrouvé un joueur qui a besoin d’espace pour agir et être efficace. Dès qu’il se retrouve défendu correctement, son impacte et sa réussite baissent drastiquement. Les pourcentages baissent aussi par ses choix de tirs pas toujours très bons. Il n’a pas été rare de le voir forcer des tirs et rater des tirs proches du panier. Notamment en faisant des choses qu’il ne maîtrise pas encore.

Au final, Hugo Yimga-Moukouri a dominé, beaucoup marqué mais il y a aussi eu des choses qui ont fait tiquer les observateurs. Aussi bien en attaque qu’en défense. Partie du terrain où il est capable d’être positif mais pas de façon constante. 

Deuxième leader de l’équipe de France, Louka Letailleur (1.98 m - 2008 - BCM Gravelines-Dunkerque) a été le sujet de plusieurs questions durant le tournoi. Sa progression, bien aidé par son passage dans le monde pro, est visible par rapport aux années précédentes.

En Italie, on a observé un joueur être impactant dans plusieurs situations en attaque. Notamment sans le ballon en étant scorer en fin de chaîne. Pendant toute la compétition, il a su se démarquer en étant à la finition d’alley-oop et sur après des coupes, ligne de fond ou dans l’axe du terrain.

Il a aussi su marquer par son tir extérieur mais la réussite n’a pas été de son côté et cela donc naturellement limité son impact loin du panier (29% de réussite lors du tournoi). Mais c’est un élément à suivre car il a montré qu’il pouvait marquer et dans des situations diverses (à l’arrêt, spot-up, en sortie d’écran, en sortie de dribble). Maintenant, il doit être fiable pour devenir une arme respectée par les adversaires. 

Un peu plus rares, car ce n’était pas son rôle dans l’effectif, les situations de playmaking ont pop-up par moment en étant capable de trouver la bonne passe et d’être à l’initation sur les phases avec écran. Toutefois, quand l’adversité a monté d’un cran, ce sont des choses que l’on a un peu moins vues.

Durant la saison à venir avec le BCM, il faudra surveiller ses pourcentages près du panier car s’il a été efficace en bout de chaîne, il a eu plus de mal sur les drives seul avec finitions dans le trafic car il n’arrive encore à dominer ses duels. Dans un rôle final probablement sur le poste 4, être fiable dans ces situations apportera un plus à son profil.

Contrairement à Hugo Yimga-Moukouri, il devrait passer par la case NCAA après cette saison. 

Il n'a pas été le plus impressionnant mais la progression est visible depuis plusieurs mois, elle s’est confirmée sur ce championnat d’Europe pour Kenny Vado (2.06 m -2008 - Poitiers Basket 86)

Déjà dans les plans du staff l’été passé, l'ancien pensionnaire du Pôle France n’avait finalement pas été retenu après une saison intense. Cet été, il a pu tenir sa place et a montré de nombreuses choses positives. Notamment car le joueur est simple à utiliser et il connaît son rôle dans une équipe.

En Italie, il a député l'ensemble des rencontres et il a été positif lorsqu'il était sur le terrain. L’ancien du Pôle France est intérieur traditionnel, il apporte la grande majorité de ses points près du panier en étant une cible sur les situations de pick-and-roll ou après avoir capté un rebond offensif. Un rôle limité mais auquel il a su répondre efficacement avec 83% de réussite au cercle.

En plus des points, le côté connecteur continue de faire son apparition. Déjà aperçue à Athènes lors de la phase finale de l’ANGE, elle a fait son retour à Trento. Ce n’est que trois passes sur l’ensemble du tournoi mais il y a eu des tentatives qui laissent espérer une belle évolution. Au niveau du rebond, les statistiques ne sont pas les plus reluisantes mais il pense en permanence à faire le box-out. Il ne prend pas les rebonds mais ça reste un travail important pour sécuriser la prise de balle par un coéquipier.

En défense aussi il a réussi à se montrer positif. Durant la compétition, on a vu de la protection de cercle par une bonne utilisation de ses bras, du contre (près de 2 par match), de bonnes rotations et des situations de switch. 

Évolution à suivre en étant particulièrement attentif sur la progression concernant la dureté et la domination des duels sous le panier. Malgré un physique intéressant, il n’est pas encore dominant sous le panier. Aussi, il va devoir travailler sur sa vitesse d’exécution et pour monter au panier.

Surprise de la liste, Jordan Monroc-Omiscar (1.97 m - 2009 - JDA Dijon) a eu la confiance du staff en commençant l’intégralité des matches et il a su montrer de bonnes choses en ayant un an de moins que la plupart de ses adversaires. 

Par moment, cette simple année de différence s’est ressentie. Malgré ça, il a montré des flashes intéressants dans plusieurs catégories du jeu. D’abord le passing. Porteur de balle, on a vu de la diversité sur la passe et de l’initiation sur pick-and-roll. Même si, attention au timing de passe. La réussite a été sur courant alternatif, principalement par un manque de physique, de dureté et d’envie de battre son adversaire, mais on a vu un joueur capable de tirer de loin dans plusieurs situations et attaquer le panier avec un stop&go qu’il a su bien utiliser.

Défensivement, il a su faire de bonnes choses mais la différence physique lui a parfois fait défaut. Aussi, il n’a pas toujours bien négocié ses close-out en étant en difficulté pour rester face au joueur et gêner son départ.

Globalement, l’arrière de la JDA a été une belle surprise car on ne l’attendait pas sur la compétition. Le niveau a parfois été trop haut pour lui ce qui a donné des pertes de balle et des mauvais choix mais il a su par séquences passer outre et s’adapter à l’adversité en témoigne ses derniers matches contre la Slovaquie, l’Allemagne et l'Espagne. Matches couperets qui ont été, statistiquement, ses meilleurs parties.

Lui était un joueur attendu, mais Achille Elouma (2.00 m - 2008 - Orléans Loiret Basket) n’a pas montré son meilleur visage lors du tournoi.

Même si cela a été sur courant alternatif, il s’est essentiellement montré par des séquences défensives. Il possède les outils pour être polyvalent, se déplacer vite et rapidement mais il n’a pas toujours été concentré et eu les bonnes lectures pour dominer entièrement sur l’ensemble de la compétition.

En attaque, il s’est montré en étant bon sur le jeu de transition en se projetant rapidement vers l’avant et avec de la finition en bout de chaîne. Et c’est un près tout car il n’a pas la combinaison handle-premier pas pour être dominateur et aller au cercle. Le tir n’est pas présent même s’il peut mettre quelque catch-and-shoot. Il termine sa compétition avec 16% de réussite à trois points.

Défensivement, il y a eu à boire et à manger. s'il a tous les outils pour être un défenseur de premier ordre, il n'a pas jamais su montrer de régularité. Loin du ballon, le regard est essentiellement porté sur le ballon, il y a des sautes de concentration qui permettent à son joueur d'être libre de tout mouvement et dans le un contre un, on aura observé un manque d'envie pour dominer son vis-à-vis.

Pour le reste du roster, des soldats. Des joueurs de rôle qui auront tour à tour bien aidé l'équipe. A commencer par Afeny Cognet (1.85 m - 2008 - Le Mans) qui, dans une rotation à la mène ouverte, a su se démarquer. Malheureusement sa blessure sur la toute dernière action face à l’Allemagne en quart vient noircir le tableau. L’arrière s’est montré par sa vitesse avec et sans le ballon et en étant capable d’apporter des points dans plusieurs situations. Tout n'est pas parfait offensivement, il reste du travail et le potentiel est limité mais il a tout de même eu de l'impact.

Son collègue du MSB, Madiba Diaby-Cissé (1.98 m - 2008) aura apporté par ses écrans et sous le panier. D'où sont venus la majorité de ses points même s'il a montré qu'il pouvait s'écarter pour apporter du tir à trois points. Mais c'est surtout sur le rebond qu'il aura eu un impact important. Avec 6 rebonds de moyenne, dont 4 rebonds offensifs par match, il termine en haut du classement chez les Bleus.

Le duo arrière du Pôle France, Yael Masdieux Reyneart (1.90 m - 2008 - Limoges CSP) et Nateo Gabriel des Bordes (1.94 m - 2008 - Hyeres-Toulon) n'auront pas su montré autant que lors de leut saison avec le Pôle France. Le tir n'a pas été au rendez-vous et les prises de décisions ont été décevantes. Dans des rôles limités, Eliott Hottelard (1.90 m - 2008 - JDA Dijon), Luca Rapini (2.02 m - 2008 - Cholet Basket) et Apollinaire Loussa Vouvou (2.01 m - 2008 - ASVEL) n'auront jamais eu l'opportunité de se montrer efficacement pour les Bleus.