Fraîchement champion avec les Wolverines de Michigan, Yaxel Lendeborg a un parcours basketballistique assez particulier. Fan de jeux vidéos, il est forcé par sa mère à se mettre au sport pour ne pas rester enfermer toute la journée dans sa chambre. Il découvre le basketball, sur le tard donc, et beaucoup se rendent compte du talent du garçon. Il commence par trois années en JUCO (l'équivalent de Ligue 2 en NCAA, en gros), avant de rejoindre la modeste de fac de UAB. Après deux saisons là-bas, où il expose toute sa polyvalence, il rejoint l'un des meilleurs programmes du pays : Michigan ! Et bien lui en a pris puisqu'il sera champion NCAA quelques mois plus tard.

 

Dans le jeu, ce qui frappe en premier chez Lendeborg, c'est sa polyvalence. L'ailier peut tout faire. Il a un passing assez développé (même si ça reste du passing de connecting, plus que du passing de création de décalage), bien aidé par sa compréhension du jeu et sa longueur qui lui offre des angles de passes intéressants et variés. Dans les chiffres, ça donne un AST% de 18,3% sur 3 saisons en Division 1, pour un USG% de 22,1%. Soit un "ratio de playmaking" de plus de 0,8 (ce qu'on peut considérer comme assez, voire très, orienté passing).
Lendeborg peut également shooter. 37,5% à 3pts cette saison sur 4,5 tentatives (36,4% sur ses 3 saisons NCAA) ainsi qu'un joli 82,4% aux LFs sur plus de 4 tentatives. Certes, ce sont essentiellement des tirs en C&S, en tant que finisseur, mais les chiffres de réussite, de volume et de LFs atteste d'un tir bien en place, même si on pourrait demander confirmation.
Le joueur peut également dribbler même si, là encore, on est sur du dribble plutôt fonctionnel et scolaire, plus que sur un handle de créateur de décalage. Celui lui permet de pouvoir attaquer les closeout, les décalages créés par son initiateur et donc de ne pas être un simple finisseur statique en Catch&Shoot ou Catch&Finish. Cependant, ne vous attendez pas à le voir partir balle en main sur de l'isolation et passer son vis-à-vis grâce à son premier pas et son dribble.
Enfin, pour finir sur l'aspect offensif, on peut ajouter que le joueur est un très bon rebondeur offensif (idéal pour la bataille des possessions) et un excellent finisseur. Avec 73% de réussite sur ses tirs pris près du cercle (155 tentatives cette saison, ce qui représente 40% de son régime de tir), Lendeborg se place parmis les meilleurs finisseurs au cercle de la cuvée, grâce à un très bon touché, une capacité à finir des deux mains ainsi qu'une longueur qui fait de lui une vraie menace de lob (et apporte ainsi du spacing vertical à son équipe).

Défensivement, là encore, le joueur crie "polyvalence". Sa mobilité est très bonne pour sa taille (2m05) ce qui lui permet de pouvoir switcher et défendre sur le périmètre, sur des petits ball handler. Il est également très bon dans la compréhension des attaques adverses, l'anticipation et la gestion des aides. Ajoutez à celà une envergure intéressante (2m21) et une bonne verticalité et vous avez un défenseur offball et une protection de cercle secondaire très intéressante (6,5% de STOCKS%). Lendeborg peut ainsi aussi bien être utiliser dans un rôle de safety, en roaming, que sur du switch all ou sur de la défense aggresive en hedge sur les P&R par exemple.

Mais si il est si bon partout, pourquoi n'est-il pas annoncé plus haut? Selon moi, sa polyvalence est à la fois sa plus grande force et son plus grand défaut. Bon partout mais élite nul part. Lendeborg a très peu de red flag, mais il a aussi aucune qualité élite, aucun aspect de son jeu où il peut vraiment dominer. Ce genre de profil est idéal dans un rôle de glue guy aux côtés d'une ou deux stars NBA. Mais difficile d'entrevoir un potentiel de calibre all-star ou de créateur d'attaque dans une équipe compétitive. Le dribble et le drive ne sont pas assez élite pour celà. Le pull up à 3pts n'existe pas vraiment et le passing est fonctionnel mais pas de niveau Doncicesque pour compenser le manque de dribble et de création de décalage via le drive et le scoring. Enfin, je finirais sur l'âge, bien que, selon moi, ce soit un faux problème. Factuellement, Lendeborg aura déjà 24 ans au début de sa saison rookie. Intuitivement, cela suppose que le joueur est un produit fini, qu'il ne progressera plus, qu'il n'a pas de potentiel supérieur à ce qu'il a montré en NCAA. Il faut cependant rappeler que Lendeborg a commencé le basket sur le tard et donc qu'il n'a pas autant d'années d'entraînement, d'expérience, de développement que la plupart des prospects. Donc on peut espérer un développement à venir, notamment dans son tir qui pourrait être encore amélioré mais également dans son dribble pour lui apporter un meilleur niveau de drive.
Je finirais avec une liste : Derrick White, Sam Hauser, Sam Merrill, Cam Spencer, Herb Jones, Austin Reaves, Terance Mann, Grayson Allen... Le point commun entre tous ces noms? Tous ont été drafté à 23-24 ans. Et parmi eux, on retrouve de bons voire très bons roles players (voire plus pour Reaves et White) qui ont, pour certains, beaucoup évoluer entre les joueurs qu'ils étaient en année rookie et les joueurs qu'ils sont aujourd'hui. Evidemment, vous pouvez facilement trouver des contres-exemples, mais cela montre qu'être un "vieux" prospect ne signifie pas forcément "plafond limité" et "progression impossible".

 

Projection : fin de lottery (Pick 10-15).