Il y a 7 jours
Points forts
- Scoring
- Défense
- Provoque des fautes
- Jeu en transition
Décent, mais à travailler
- Playmaking/Altruisme
- Trois points
- Création de ses tirs
- Second porteur de balle
Points faibles
- Premier pas
- Joue que main gauche
- Efforts
- Besoin du ballon
Le garçon est depuis un certain temps connu de tous. Le natif du Massachusetts, avec des origines congolaises par son papa et jamaïcaine par sa maman, performe à tous les niveaux auxquels il est passé : lycée, AAU, Team USA. Sans surprise, il en a été de même en université avec BYU. En Big 12, A.J. Dybantsa a terminé la saison avec 25 points de moyenne, ce qui fait de lui le meilleur scoreur de toute la NCAA. A côté de ça, il ajoute 7 rebonds, 4 assists et une interception.
Maintenant, sur le terrain. A.J. Dybantsa affiche un physique d'un ailier moderne : grand (2.06 m), svelte avec une envergure positive (2.11 m). On est face à un joueur capable d'apporter du scoring sur les trois niveaux et aussi de défendre sur plusieurs positions. Pour résumer grossièrement.
Si on détaille davantage les caractéristiques du joueur, les premiers doutes arrivent. Mais commençons par le positif. Aujourd'hui, ce qui rend l'ailier de BYU spécial et comme un très haut choix de Draft : c'est son scoring. Cette saison, c'est donc 25 points de moyenne avec huit rencontres à plus de 30 points et deux marques à 40 unités (contre Utah en saison régulière et lors de tournois de conférence face à Kansas State). A.J. Dybantsa apporte des points sur les trois niveaux et notamment le mid-range. Ce qui peut faire peur aux plus data-orientés d'entre nous. Durant la saison, 45% de ses tirs l'ont été dans cette partie du terrain (272/604). Des shoots en très grande partie qu'il a créé lui-même via du jeu au poste, des pull-ups ou floaters.
Le scoring près du panier est également très bon avec une capacité à terminer près du panier de haut niveau avec 72% de réussite affichée (133/184). Un chiffre digne d'un intérieur mais aussi bien aidé par son jeu de transition et contre-attaque. Car quand il s'agit d'aller au panier sur les phases arrêtées on remarque sur le film que c'est un peu plus compliqué. Dans une NCAA au spacing très compacte, le chemin au cercle est difficile et contesté. Il n'a pas été rare d'observer Dybansta rater et forcer des tirs. Maintenant, le transfert vers la NBA pourrait lui être bénéfique.
A longue distance, ça avance tranquillement. Que ce soit en AAU ou avec Team USA sur le niveau FIBA, A.J. Dybantsa n'a jamais été bon dans cet exercice. En 2023, on recense : 27% à 3 points lors de l'America Cup u16 (6 matches - 3/11) -- 33% à en AAU (25/76 - 17 matches). En 2024, il affiche : 32% à la Coupe du Monde u17 (7 matches - 7/22) -- 33% EYBL (23 matches - 26/79). En 2025, 11% sur la Coupe du Monde u19 (2/18 - 7 matches). A BYU, il termine sa campagne freshman à 33% de réussite sur 4 tentatives en moyenne (49/148). Le trois points représente 24% de ses tirs (148/604). Outre les chiffres, le positif est qu'il montre de la diversité dans ses tentatives. On est principalement sur du catch-and-shoot mais il n'a pas été rare de le voir prendre des tirs en sortie de dribble, seul ou sur du hand-off, et créer de l'espace par du step-back ou side-step. Ne lui manque plus que la régularité et la réussite.
A côté du scoring, A.J. Dybantsa a su montrer tout au long de la saison des flashes à la création pour les autres. Ce qui rend sa projection encore plus intéressante. A BYU, pratiquement 4 passes de moyenne,on l'a vu être capable d'être initiateur en jouant des phases de jeu avec l'écran mais aussi trouver les bonnes passes pour les coupes ou des coéquipiers ouverts via du drive-and-kick ou kick-out. Et cet aspect passeur dans son jeu, on l'observe depuis ses premières années et la progression (exécution, timing, diversité) n'est pas terminée.
Défensivement, on est face à un joueur capable de défendre sur et loin du ballon. Sa latéralité et longueur lui permettent sans difficulté de s'occuper des "petits", des arrières et des ailiers. Quand il est concentré, et à envie, Dybantsa est difficilement passable dans le un contre un. Loin du ballon, le regard est actif et il est souvent placé où il faut pour bien gêner à la fois son joueur et les lignes de passes. Les points d'amélioration de se côté du terrain : la constance dans les efforts et la navigation à travers les écrans. Deux choses essentielles s'il ne veut pas être ciblé et être négatif. Face à des athlètes et joueurs d'un tout autre niveau, ça peut vite tourner en sa défaveur.
Au niveau des interrogations, elles sont multiples. La première est la capacité à se créer son tir de façon régulière. Aussi bien via son premier pas et handle, aujourd'hui pas assez développé pour être réellement une menace. Durant la saison, on l'a trop souvent observé en difficulté pour passer ses adversaires. Des séquences où il n'a pas été rare de le voir tenter des tirs contestés et rater. Loin du panier, la création d'espace pour un tir ouvert n'est apparue que par flashes et sur un très faible échantillon. La progression sera primordiale s'il ne veut répondre aux attentes alors qu'il affrontera de bien meilleurs joueurs en NBA.
Aussi, la réussite à trois points peut interroger. Depuis les premières images du prospect Dybansta, l'évolution peine à s'apercevoir. La majorité de ses tentatives sont en catch-and-shoot, soit le niveau un chez un shooter. La Summer League sera un premier point d'étape pour observer un début de progression. La collaboration avec un staff NBA, même sur quelques semaines, peut l'aider à progresser dans cet aspect. Mais ça pourrait aussi prendre plus de temps, le temps de s'adapter aux défenses NBA.
Enfin, il devra apprendre à accepter un rôle. A BYU, il a trop souvent joué pour lui. Il savait qu'il avait carte blanche et ne s'en est pas privé. Résultats, des mauvais tirs, des tentatives contestées, des pertes de balle. En NBA, tout selon l'équipe, il pourrait se retrouver à ne plus être, dans un premier temps ou plus selon la progression, cette option principale. Mais ça, est-ce qu'il l'acceptera ? A suivre.
Finalement, il y a un monde où tout clique et A.J. Dybantsa devient cet ailier ultime capable de sanctionner de façon multiple, aussi bien par le drive et la création de son tir sur les trois niveaux. A quoi, il ajouterait ce côté deuxième initiateur avec des séquences de pick-and-roll/pick-and-pop, et en plus devenir un connecteur/playmakeur, ce qui lui ouvrirait des portes pour son utilisation. Mais aussi devant un défenseur de premier ordre en étant polyvalent, capable de switcher à sa guise. Mais il y a aussi un monde où la transition met du temps et les lacunes restent. A.J. Dybantsa devient une deuxième ou troisième option car ses limitations dans le jeu ne progressent pas suffisamment pour passer ce palier de superstar et contender au MVP.
Alors, sorte de Jayson Tatum ou plus un nouveau R.J. Barrett ?
Projection : Top 3.
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