Une belle saison 2020-21, le grand départ vers la NBA et puis non, l’objectif d’EJ Liddell est bien d'intégrer la Grande Ligue pour du long terme. Retour sur le campus des Buckeyes pour une nouvelle saison et des attentes toujours aussi fortes pour le leader d’Ohio State.

Les Buckeyes d’Ohio State sortent d’une saison au-dessus des attentes (21-9 dont 12-8 dans la BigTen) avec un seed #2 à la March Madness mais une élimination surprise au 1er tour contre l’Ohio de Jason Preston et ce malgré les quelques 23 points (67%FG) 14 rebonds & 5 assists d’EJ Liddell. Une nouvelle saison, de nouvelles responsabilités pour le go-to-guy junior des Buckeyes, des nouvelles têtes et un calendrier dantesque qui va permettre de les jauger tout au long de la saison. Un programme hors conférence maousse-costaud (Duke, Kentucky, Florida, Xavier ou Seton Hall) puis tous les faces-à-faces prévus face aux compères de la plus forte conférence de la NCAA, la BigTen. Les possibilités d’évaluer les progrès d’EJ Liddell sont multiples cette saison. Impact player des 2 côtés du terrain.

Chris Holtmann, gourou de la défense, ciblait, dès la pré-saison, le secteur game-changer de son équipe : la défense. Habitué des top 25 depuis sa prise de poste, son équipe, avec un effectif court, est passée à côté la saison dernière. Deux points d'attention sont mis en avant : diminuer le pourcentage de réussite proche du cercle des attaquants adverses et provoquer davantage de turnovers. EJ Liddell sera particulièrement attendu sur ces deux aspects. Le frontcourt undersized avec les retours de Kyle Young (joueur de l’ombre par excellence, dur au mal, shoot à mi-distance honnête) et Zed Key (très fort rebondeur et féroce défenseur), va gagner en profondeur et en taille cette saison avec les 211cm du transfer Joey Brunk (ex-Indiana). A la mène, le recrutement du transfer de Penn State et B10 All-Defensive Team ‘21, Jamari Wheeler va dans ce sens pour remplacer CJ Walker, un énorme upgrade défensivement. Offensivement, toutes les possessions vont passer par un EJ Liddell, playmaker honnête mais qui se doit de montrer du mieux sur cet aspect de son jeu (visible sur ce début de saison). Ce dernier va mécaniquement générer des shoots ouverts que ses guards et ailiers devront faire fructifier. Valeur sûre, Justin Ahrens devra rester au moins aussi efficace cette saison (42.5% à 3pts la saison passée). C’est l’étonnant freshman Malaki Branham qui a chipé la place de titulaire laissée libre par Duane Washington (et ses 16.4pts la saison passée) avec des qualités athlétiques et un physique déjà prêt pour le monde professionnel.

L’an passé, OSU était meilleure offensivement et défensivement lorsque EJ Liddell était sur le terrain. Cela classe l'importance du bonhomme au sein du collectif de coach Holtmann. Intérieur undersized, EJ Liddell (201cm & 108kg pour une envergure de 211cm) compense défensivement par une puissance physique et un timing au-dessus de la moyenne. Très vite verticalement et long, il était un rim-protecteur plus que honnête la saison dernière, mais montre des qualités hors normes en ce début de saison (11,6 BLK% & 3,7 contres par match!). Son placement et sa férocité sur les box-out lui permettent également d’être un bon rebondeur. Meilleur off-ball qu’on-ball, EJ Liddell peut avoir du mal à défendre sur les guards, notamment dû à des problèmes de resituation lors des changements de direction et une qualité de pieds moyenne.

Ce physique combiné à une panoplie de post moves (mention spéciale à son fadeaway) et un très bon toucher (même si on sent encore une hésitation à finir sur sa main faible), qui en font un joueur très difficile à arrêter au post. Il finit souvent au physique et n’a pas peur d’initier le contact avec son défenseur, ce qui lui permet de provoquer beaucoup de fautes (5.8 par match la saison passée et 7.4 cette saison). Qualité malheureusement entachée d’une réussite inconstante aux lancers-francs (seulement 67.3% FT% cette saison). Sa fiabilité derrière l'arc sera le développement le plus scruté/décisif pour obtenir un accessit à la NBA : amélioration constante depuis son arrivée chez les Buckeyes tant au niveau de la fluidité du geste, la prise d’initiative que par les chiffres (40% cette saison avec un volume qui commence à être intéressant - 3.6 tentatives par match vs. 2.8 la saison passée - principalement en C&S / 88.9% assistés). Egalement très bon en situation de spot-up et de cut (là où se situe sûrement son avenir en NBA).

EJ Liddell est un prospect difficile à évaluer, certainement un des meilleurs joueurs NCAA et des qualités à tous les étages. Mais du mal à le projeter à l’étage supérieur à long terme. Peu de qualités élites, undersized, un poste restant à clarifier (pivot lors de ces 2 premières saisons dans l’Ohio et point forward cette saison, poste où devrait davantage se situer son avenir en NBA). Des qualités défensives en NCAA (shot-blocking ++, physique dominant) moins visibles une fois en NBA et un principal défaut (difficulté à défendre sur les guards) qui devraient au contraire l’exposer. Sa capacité à poursuivre le développement de son shooting range et sa polyvalence défensive devrait décider de son avenir en NBA.

Projection : entre la fin du 1er tour et le milieu du 2nd tour