Johnny Anh Juzang est un ailier nord américain d’1m96 pour 95kg, joueur de UCLA. Issu d’une famille qui excelle dans différents domaines avec un père entrepreneur reconnu, une mère qui réussit dans la finance, un frère ancien d’Harvard, basketteur pro au Vietnam et entrepreneur lui-même et une sœur musicienne accomplie. Tout proche de la NBA après une March Madness folle au mois de mars, il a décidé de revenir à UCLA, université mythique, pour viser le titre. Le parcours jusqu'à Los Angeles n'a pas été rectiligne. Au lycée, Juzang impressionne (23 points, 8,5 rebonds et 3,4 assists) et il intègre le programme de Kentucky comme un consensus 4 étoiles. Confiné dans un rôle de shooter en spot-up à 3 points, il joue peu (12 minutes / matchs) et produit des stats quelconques : 3 points et 2 rebonds avec un modeste 33 % à 3 points pour 43 tentatives. Une déception donc, qui le pousse à retraverser les US vers son état natal, pour effectuer son année sophomore à UCLA. Dans une équipe en pleine transformation depuis l’arrivée de coach Cronin, Juzang va s’épanouir au scoring (16 points / match) et aux rebonds (4 / match) jusqu’à réaliser donc, cette March Madness très remarquée. Comment oublier ses 29 points dans la défaite contre Gonzaga en demi-finale ?

 

Le Bon

Connu pour son adresse de loin au lycée, on a surtout remarqué sa qualité de pull-up à deux points. Juzang est capable de scorer de différentes manières mais son shoot est sa principale force. Le geste est en place avec un mécanique classique et très propre. Il part rapidement avec une courbe peu marquée mais une bonne réussite (44 % de réussite sur les longs 2). Capable de se créer de l’espace avec son dribble, il est très fluide et rapide pour déclencher son geste. Si son adresse à 3 points fluctue, six matchs avec une adresse inférieure à 25 % dans le domaine, sa réputation au shoot est tout de même consolidée par son adresse aux lancers francs (88%). Avec sa taille, il est donc projetable comme un scoreur additionnel en NBA. On peut aussi penser que sa longueur et ses capacités physiques lui permettront d’être un défenseur correct en pro. Son énergie au rebond offensif et défensif peut lui permettre d’être autre chose qu’un shooter unidimensionnel.

 

Le pas encore bon

Son handle, encore perfectible, lui permet de driver et de vite remonter le terrain mais il manque encore de dureté et d’explosion au contact pour finir proche du cercle. Visuellement, on pense qu’il est capable de changer de rythme balle en main mais il ne le fait que rarement. Ses déplacements sans ballon sont aussi un aspect à polir surtout pour être rapidement dans ses appuis en Catch & Shoot. Défensivement, on pourrait attendre plus de précision dans ses prises de décision. Il est cependant impliqué dans ce domaine avec UCLA : après la blessure de l’ailier Chris Smith, joueur vedette du programme, il n’a pas triché même avec l’augmentation de ses responsabilité en attaque. Enfin, sa création se limite au scoring : il n’a pas montré de réelle qualité de production de jeu pour ses coéquipiers et sa qualité de passe reste modeste.

 

Reste une interrogation : Johnny Juzang est il le scoreur infernal vu lors de ses 6 matchs de la March Madness ? Ses excellentes stats sont-elles le résultat de la mise en place tardive d’un effectif touché par les blessures ou un coup de chaud dû à l’adrénaline du mois de mars ? Ce qui est sûr, c’est que sur cette période, Juzang a augmenté son volume de shoots (17 shoots par match contre 12 le reste de la saison) et stabilisé son adresse à 2 et 3 points. Un bon boost de hype avant une nouvelle saison au bout de laquelle il visera une place à la draft.