Il y a 1 mois
Points forts
- Passing
- Protection de cercle
- Longueur / envergure
Décent, mais à travailler
- Tir à 3pts
- Touché / Lancers Francs
- Mobilité relatif à sa taille
Points faibles
- Manque de force / absorption des contacts
- Pas vraiment élite sur ses points forts?
Suite à un Euro U16 très prometteur avec l'Estonie, Henri Veesaar tombe dans les griffes du centre de formation madrilène. Il y passe deux saisons avec l'équipe U18 du Real Madrid, durant lesquelles il affichera un vrai potentiel, notamment lors des ANGT 2021 et 2022 (9 pts / 6 rbds / 1,3 asts / 1,5 blks en 21 minutes de moyenne sur 15 matchs). Au printemps 2022, il annonce quitter le centre de formation du Real Madrid pour rejoindre la NCAA et plus particulièrement les Arizona Wildcats.
Après une saison freshman prometteuse malgré un temps de jeu limité (on voyait déjà les flashs à la passe et à la protection de cercle, mais on y reviendra plus tard), il se blesse au coude. Cette blessure va le tenir écarté des terrains pendant toute sa saison sophomore. Il reviendra en 2024-25 pour sa saison Junior, toujours à Arizona. Bien que les progrès soient bien présents, le joueur n'est pas encore assez dominant et aboutit dans plusieurs registres pour prétendre à une place intéressante à la draft NBA 2025. C'est pourquoi il décide de rester en NCAA pour son année sénior, mais en profite pour transférer et rejoindre UNC afin de créer un duo très athlétique et long avec un certain Caleb Wilson.
A UNC, il emmènera (dans le sillage d'un excellent Caleb Wilson) les Tar Heels à la 4e place de la très relevée ACC avant malheureusement de buter dès le premier tour de la March Madness face à la "moyenne" fac de VCU (malgré un excellent match de la part de l'Estonien : 26pts/10rbds/4asts à 50% à 3pts) et se faire éliminer prématurément du tournoi universitaire.
Désormais, la NBA est en ligne de mire pour Henri Veesaar. Et le joueur a de quoi attirer l'oeil des scouts et front office NBA. Tout d'abord par sa longueur. Dans une NBA qui délaisse de plus en plus le small ball pour laisser place à un "Tall Ball" avec beaucoup de taille sur le terrain (notamment dans le but de dominer la bataille des possessions, le rebond et la protection de cercle, parfois au détriment du spacing plus horizontal), Henri Veesaar coche beaucoup de case. Tout d'abord sa longueur évidemment. 2m12 pour une envergure de 2m19 et un standing reach de 2m82, le joueur est très looooong. Et cette longueur est un vrai atout dans plusieurs aspects de son jeu, mais en premier lieu dans la protection de cercle. Ce n'est pas un protecteur de cercle élite. Il fait encore preuve de mauvais timing et de manque de discipline qui le pousse à créer un peu trop de fautes. Cependant, dans des situations notamment de roaming (où le joueur reste constamment proche du cercle, quitte à délaisser son vis-à-vis qui s'écarte), le joueur apporte une bonne menace de contre et de dissuasion (3,8% de BLK% cette saison, 5% en carrière NCAA). Sa mobilité est également plutôt convenable pour sa taille, ce qui lui permet de pouvoir défendre par séquence sur des couvertures en Drop ou en Hedge, même si le rôle de Low Men (roamer) est probablement celui qui lui convient le mieux.
La taille de Veesaar a également débloqué un autre aspect très intéressant de son jeu, offensif cette fois-ci : le passing. Le joueur est ainsi capable, de part sa longueur, de trouver des angles et des lignes de passes très intéressantes et diversifiés, que beaucoup de joueur d'1m90 ne peuvent pas trouver. La taille n'est pas la seule raison de la qualité de son passing. Le joueur dispose d'une très bonne compréhension et lecture du jeu, ainsi que d'une précision de passe assez surprenante pour son profil. On a ainsi pu assister à des passes de puis la ligne des 3pts, en Alley-Oop pour Calbe Wilson, ce qui montre le niveau de confiance et de précision du passing du pivot estonien. Ce passing offre ainsi au futur coaching staff de Veesaar une potentiel utilisation en Hub Offensif par séquence qui peut rendre le jeu offensif de son équipe bien plus diversifié. Côté stats, ça donne un 12,4% d'AST% en 3 saisons NCAA, pour 20,9% d'USG%. Soit un ratio AST/USG de 0,6 (très prometteur et intéressant pour un jeune intérieur).
On notera toutefois que la taille ne fait pas tout pour le pivot de North Carolina. C'est un rebondeur correct mais sans plus, assez déceptif même pourrait-on dire, au regard de sa longueur et de son profil. Il est capable d'apporter au rebond offensif (intéressant, toujours dans cet optique de jouer la bataille des possessions), mais ce n'est pas un spécialiste dans ce domaine comme peut l'être un Steven Adams par exemple. Défensivement, son impact au rebond est encore plus timoré. Certes, les stats brutes affichent un meilleur taux de rebonds défensifs qu'offensifs (normal), mais il se fait encore trop bouger et a parfois du mal à tenir le box out.
Le physique est d'ailleurs un problème des deux côtés du terrain pour l'estonien. Non pas pour des raisons de blessures ou de taille, mais plutôt de force. Que ce soit offensivement ou défensivement, le pivot de North Carolina ne parvient pas à encaisser les contacts. Il se fait bousculer et enfoncer trop facilement ce qui le limite dans bien des aspects. Au rebond, comme on l'a dit précédemment, mais également à la protection de cercle où son manque de force l'empêche d'encaisser le contact et de rester à porter de contre de certains driver robustes. Cela l'empêche d'être vraiment élite dans ce domaine. Mais également offensivement où il peut exploser et donc rencontrer des difficultés à finir proprement sous le panier.
Enfin, je finirais avec le tir qui est un peu le "swing skill" du joueur. La mécanique de tir semble assez fluide pour un joueur de sa taille et il paraît prendre les shoots avec assurances. Quand on se penche sur les différents chiffres et indicateurs, on note un excellent 43% à 3pts (surchauffe?) cette saison sur 3 tentatives par match (ce qui commence à être un volume intéressant). Avec de tels chiffres, on est en droit de s'enthousiasmé à l'idée du potentiel de stretch 5 que peut devenir Veesaar. Oui mais voilà, plusieurs paramètres viennent noircir le tableau. Tout d'abord, sur ses deux premières saisons (66 matchs, à Arizona), Veesaar n'a pris que 60 petits tirs à 3pts, soit 0,9 tentative par match, et pour une réussite médiocre de 32%. Mais cela, on peut le mettre sur le dos de la progression. Le joueur a appris à shooter et c'est cette saison que le travail porte ses fruits. Possible. Mais un autre indicateur, plus parlant celui-ci, vient refroidir la hype, il s'agit des Lancers Francs. Aux Lancers Francs, Veesaar c'est 65% en carrière (un encourageant 69% sur ses deux saisons à Arizona et un piètre 61,5% cette saison à North Carolina).
En résumé, Veesaar reste un profil de big très recherché dans la NBA actuelle, apportant de la protection de cercle, une mobilité correcte, un peu de rebond et surtout un passing très intéressant pouvant offrir un panel très varié d'utilisations possible en attaque. Le tout avec la petite carotte du tir. Est-ce que ses chiffres de 2025-2026 sont une surchauffe? Ou des signes d'une progression vers un tir suffisamment bon pour devenir une menace et un vrai stretch 5 ?
Projection : deuxième partie de 1er tour (Pick 20-30)
Estonia
18.4 ans - C
18.5 ans - SG/SF
17.3 ans - PG
17.8 ans - PF/C