EuriBasket 2025

A l'image de Miro Little, la Finlande profite de ses jeunes talents. En plus de l'ancien meneur de Baylor (aujourd'hui à Santa Barbara), le staff de la sélection fait depuis deux ans appel à Miikka Muurinen. Exilé aux Etats-Unis depuis plusieurs saisons, où il évolue encore au niveau lycéen, il fait face à une tout autre adversité lorsqu'il revient en Europe. En 2024, il joue le TQO à Valence (sous les yeux de plusieurs franchises) où il affronte les Bahamas, la Pologne et l'Espagne. La Finlande ne se qualifie pas pour les Jeux Olympiques de Paris mais le longiligne ailier n'a pas laissé insensible les observateurs malgré un rendement statistiques limité (2.7 points, 1.7 rebonds en un peu moins de 8 minutes de temps jeu).

Lors de l'EuroBasket 2025, le pensionnaire de AZ Compass obtient un temps de jeu plus important avec en moyenne une petite dizaine de minutes sur le terrain. Des entrées et sorties toujours au même moment (fin de premier quart-temps, début de second et fin de troisième, début quatrième et plus selon l'évolution des rencontres). Et l'ailier de 2.10 m à l'envergure de 2.16 m est une nouvelle fois intéressant. 

Tout d'abord, le corps est un vrai plus. Grand, long, capable de tenir les contactes, court bien, capable d'enchaîner les allers-retours etc... Dans un contexte finlandais favorable, on retrouve un joueur intéressant dans le jeu sans ballon. Via la lecture du jeu, il offre des solutions de passes par des coupes vers le panier. A plusieurs reprises, il a marqué dans ces situations de jeu (alley-oop, dunk, seconde chance). On est face à un joueur qui monte vite au panier et possède une bonne verticalité en plus de sa taille. De façon générale, il laisse le jeu venir à lui car il sait qu'il n'est pas encore une option primaire dans le jeu finlandais.

A côté de ça, on a aussi un joueur capable de scorer au large en bout de chaine sur du spot-up. La réussite n'a pas été au rendez-vous comme en témoigne son 6/17 à trois points sur l'ensemble de la compétition (35%). Aussi, attention aux pourcentages sur la ligne. Durant l'évènement, il affiche seulement 50% de réussite (7/14 sur le tournois). Deux éléments à suivre. Par ailleurs, la mécanique est bonne avec un ballon qui part de haut à quoi il ajoute une rapidité dans l'enchaînement une fois le balle en main. Toujours offensivement, on a vu un joueur capable de se projettre très rapidement sur les phases de contre-attaque et de transition. Par sa vitesse de course et sa rapidité à monter au panier, il a marqué de nombreux points sur ces phases de jeu. 

En défense, il a alterné des hauts et bas. Durant le tournoi, on l'a souvent vu en difficulté loin du ballon. Son regard est attiré par ce dernier, ce qui laisse son adverssaire direct avoir de nombreuses opportunités de se faire la male. A quoi s'ajoutent des placements défensifs limites et pas de deuxième effort quand c'est nécessaire. Dans le un contre un, il y a une marge de progression. Il a pu se faire prendre mais il a aussi montré qu'il pouvait tenir le duel et aussi se servir à bonne escient de sa longueur pour gêner les tirs ou les passes. Une longueur dont il se sert aussi pour apporter de la protection de cercle. Il essaye énormément de contrer en second rideau. A de nombreuses reprises on a pu le voir quitter son joueur pour aller tenter le contre, et sauter à la moindre feinte. Et même s'il ne touche pas toujours le ballon, sa présence seule via son taille et son envergure font cogiter les attaquants. 

A côté du basket, il resssort aussi que le jeune homme doit apprendre les joutes du haut niveau. Le comportement sur le banc et sur le terrain n'aura pas toujours été au mieux. De part des réactions limites après des paniers en allant chahuter des adversaires (cf la technique contre l'Allemagne en demi-finale), des coups bas, du boudage sur le banc quand cela ne va pas dans son sens. Le garçon devra montrer plus de maturité dans le futur.